L’Iliade. Chant 6.
(24 chants de l’Odyssée + 6 = 30ème jour de confinement… il en reste bien assez pour terminer l’aventure. Tayoooh)
Chant 6 donc.
Et comme souvent (toujours peut-être), le chant est coupé en deux.
Première partie sur le champ de bataille.
Deuxième partie dans Troie.
Première Partie.
Athéna, Héra et Arès, les dieux et déesses, sont rentré·e·s sur l’Olympe (à la fin du chant précédent). Les grecs et les troyens sont enfin seuls sur le champ de bataille.
Et les têtes troyennes continuent de tomber.
Diomède, le héros du chant précédent, taille à toute force. Au chant 5, les têtes tombaient une à une, puis après sa blessure, deux par deux… Ici cela continue :
« Il lui plante son arme au front ;
la pointe de bronze s’enfonce et traverse l’os ;
l’ombre couvre les yeux. »
Les Troyens s’inquiètent. Il y a de quoi.
Hector, le frère aîné de Pâris, rentre alors à l’intérieur des murs de Troie, pour préparer un sacrifice aux dieux. Histoire d’avoir une chance de s’en tirer. Où l’on constate que la promesse faite par Zeus à la mère d’Achille de punir sévèrement les grecs, c’est du pipeau (de là à en tirer une théorie du complot avant l’heure du covid19… je vous laisse juges).
Diomède, avance et tue à tour de bras, jusqu’à ce qu’il se retrouve face à Glaucos. Un fier troyen, celui-là.
Et les voilà tous les deux qui entament un dialogue homérique. Je dis homérique, comme je dirais hollywoodien. J’ai déjà, ici, fait des allusions au cinéma américain et à ses fascinations, certaines venant manifestement d’ici… Depuis le début, je ne peux m’empêcher de trouver que les héros de l’Iliade et de l’Ulyssée ont parfois de bien drôles de manières de choisir leurs moments de bavardages. Ils sont au milieu d’une tourmente où les hommes meurent par paquet de douze, et les voilà qui entrent dans des digressions philosophiques, ou des rappels généalogiques dont on se demande bien comment le guerrier d’à côté à bien pu attendre la fin avant d’enfoncer son bronze au travers de la mâchoire… Vous savez, dans les westerns, quand l’un des deux, le colt sur la tempe de l’autre, commence à lui expliquer la vie, et que tu te dis « parles pas tant, tu vas te prendre un balle dans le dos »…
Mais voilà, c’est comme ça chez Homère, déjà. On est sur un champ de bataille. Diomède se retrouve face à Glaucos, et que font-ils ces deux ennemis ? Ils causent souvenirs. Ça prend deux trois pages tout de même, là où des descriptions prennent trois lignes… Et voilà qu’ils se trouvent copains comme cochons. Enfin, disons le avec les mots d’Homère ou d’Ulysse, ils se savent redevables parce que leurs parents ont été hôtes l’un de l’autre. Voilà qui est suffisant, tout troyen que l’on soit, tout grec que l’on soit, pour ne plus avoir envie de se taper sur la gueule. Glaucos et Diomède s’échangent leurs armes, par amitié, par respect, comme quand Ulysse est accueilli sans qu’on lui dmeande son nom, et vont combattre ailleurs. Diomède au passage y gagne grandement, puisqu’il échange ses armes de bronzes, contre les armes en or de son ami. On verra à quoi cela servira.
Deuxième partie.
Hector, donc, est rentré dans Troie. Il veut un sacrifice aux dieux. Il en profite pour retrouver son frère Pâris dans sa chambre (couché là depuis qu’Aphrodite l’y a emmené à la fin du duel, chant 3). Il l’engueule vertement. « C’est pour toi que les troyens se battent, et tu n’y es même pas ? » (rappel : Hector et Pâris sont les 2 fils aînés de Priam le roi de Troie) Pâris se lève donc pour le suivre.
Puis Hector court jusqu’à sa maison à lui, et l’on a, là, parmi les plus émouvantes pages de l’Iliade. Hector ne trouve pas sa femme. Il court sur les remparts, la retrouve. C’est Andromaque. Elle est avec leur fils Astyanax. Le môme se détourne de son père quand celui-ci veut le prendre dans les bras. La cuirasse l’effraie. Hector pose son casque. Son fils l’enlace (vous imaginez les retrouvailles ? après 30 jours de confinement ?)
L’on apprend alors qu’Andromaque, cette femme amoureuse d’Hector, le troyen, est cilicienne. Oh je sais bien ce n’est pas grand chose, la Cilicie, une partie du sud de la Turquie d’Asie… Mais moi, la Cilicie ça me touche. Encore à cause de Thèbes et de Cadmos. Souvenez-vous. Europe a disparu, et Cadmos est allé la chercher. Mais il n’est pas le seul. Ses frères aussi sont partis sur les routes. L’un au nord, l’autre au sud… Ils sont 5 sur les routes. Dont Cilix. Cadmos fondera Thèbes en Béotie qui donnera Œdipe. Cilix fondera Thèbes en Cilicie (la Cilicie, le pays de Cilix) qui donnera Andromaque…
Bon je m’amuse et me divertis.
On ne m’ôtera pas de l’idée que grecs et troyens ne sont pas bien différents les uns des autres… Ils n’hésitent cependant pas à se foutre sur la gueule.
Andromaque souhaite qu’Hector garde la vie et protège Troie, mais elle sait qu’Hector va mourir et elle en est déjà malheureuse… Les embrassades sur le remparts valent bien les incompréhensions « sur le pont de Madison ». La mièvrerie en moins.
Les deux frères, Hector et Pâris, retournent à la guerre en courant…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.