Iliade. Chant 3.
Donc Zeus promet une belle déconfiture aux Grecs qui montent à l’assaut des Troyens. Ceux-ci, prévenus, sont prêts à les recevoir.
Mais la vie se passe-t-elle comme on le prévoit ? Même les dieux semblent n’avoir pas tout prévu.
Les deux armées marchent l’une vers l’autre…
A la tête de l’armée Troyenne, Pâris ! L’homme qui est la cause de tout. C’est lui qui a enlevé Hélène, la femme de Ménélas. Et c’est cet enlèvement qui est la cause de la présence de l’armée grecque sous les remparts troyens depuis 9 ans. On est venu récupérer l’Alsace et la Hélène… Une beauté, l’Hélène. La plus belle fille du monde, selon les gazettes de l’époque. Pâris s’en est donc emparée.
En face, à la tête de l’armée grecque, Ménélas, le premier mari d’Hélène, le frère du roi le plus puissant de Grèce, Agamemnon. Qui ne compte pas abandonner la plus belle fille du monde à un vulgaire troyen, fût-il fils de roi (Pâris est le fils de Priam, roi de Troie). Surtout à 10 contre 1.
Derrière les deux hommes, une multitude.
Et Zeus… qui a condamné les grecs à une sévère défaite, pour complaire à la mère d’Achille, le premier des grecs, qui n’est justement pas là, puisqu’il fait la gueule… (voir chant 1 et 2), Zeus doit respecter sa parole.
Et puis rien ne se passe comme on croit.
Les deux armées se font face. Pâris est à la tête des Troyens. Et quand il aperçoit les grecs, il fanfaronne. De son côté Ménélas, le grec, celui qui a perdu sa femme Hélène, aperçoit Pâris, et fonce pour en découdre, trop heureux. Pâris recule immédiatement, Ménélas n’est pas une demi-portion. Alors Hector, le frère aîné de Pâris, qui se retrouve lui aussi dans cette guerre qu’il n’a pas envie de faire (comme tous d’ailleurs) et qu’il fait pourtant depuis 9 ans, Hector, donc, engueule son frère, Pâris. « Vas-y donc, au lieu de nous emmerder ». C’est pas dit comme ça, mais c’est ce que ça signifie. Alors Pâris relève crânement le défi.
Pâris propose à Ménélas un combat singulier. Celui des deux qui l’emportera gagnera à jamais Hélène, la belle. Et ses trésors. Et les deux armées pourront rentrer chez elle sans avoir à faire couler le sang. Magnifique. Tout le monde est d’accord. (Et Zeus est de la revue)
On organise un duel. A la lance et au glaive. On tire même au sort qui lancera le premier. Un véritable western. Ou un duel façon « les liaisons dangereuses ». Pâris tirera le premier.
Parole est donnée par le chef des grecs (Agamemnon, frère de Ménélas) et par le chef des Troyens (Priam, père de Pâris) que le perdant lâchera Hélène à l’autre camp. Ce n’est pas mince affaire que de donner sa parole. On organise une offrande aux dieux. A Zeus, en particulier. Qui ne l’entendra pas de cette oreille, puisqu’il a promis la défaite des grecs… Mais les dieux sont-ils si forts ?
Le duel commence, Pâris tire le premier… et rate carrément Ménélas. Ce dernier ensuite effleure son adversaire, puis tente de lui fendre le crâne d’un coup de glaive. Pâris est assommé, Ménélas l’emmène avec lui en le traînant pas le casque, ce qui étrangle Pâris, au bord du trépas. Juste avant qu’il agonise, Aphrodite intervient, et sauve Pâris en cassant sa jugulaire de cuir. Ménélas ne traîne plus qu’un casque… Quand il se retourne, Pâris a disparu… Pâris est dans sa chambre, par le miracle de l’intervention divine. Téléportation.
Ici, il faut une petite parenthèse. Aphrodite est intervenue en faveur de Pâris, de manière très manifeste. C’est qu’elle l’aime bien, ce Pâris, depuis le jour où ce Pâris avait été choisi pour décréter quelle était la plus belle des femmes et déesses au monde. Il avait le choix, Pâris, entre Athéna (fille de Zeus), Héra (femme de Zeus) et Aphrodite (que nous connaissons aussi sous le non de Vénus… une vague tante de Zeus… Pour rappel Zeus c’est Jupiter, le Jeudi, et Vénus Aphrodite, c’est le vendredi, c’est des gros donc dans la mythologie). Et le gros malin de Pâris a trouvé que la plus belle était… Aphrodite. Bagarre entre les dieux et les déesses, et Aphrodite, trop contente, accorde du coup le droit à Pâris de pécho la plus belle des belles du monde des mortels. Et Pâris de choisir Hélène… qui pourtant était déjà mariée à Ménélas… Donc tout le bordel vient de là.
Fin de la parenthèse.
Pâris donc a été sauvé du carnage par Aphrodite. Et Ménélas, sur le champ de bataille se retrouve sans adversaire. Et personne n’est capable de voir où cet adversaire peut bien avoir disparu.
Zeus qui semblait avoir perdu une manche quand Grecs et Troyens s’accordaient pour un simple duel, a finalement gagné le round, puisque les grecs semblent vainqueurs mais, furieux de ne pas récupérer Hélène, devront quand même livrer bataille.
Et pendant que les grecs cherchent vainement Pâris, rentré par magie dans sa chambre par la grâce et les sortilèges d’Aphrodite, contre le cours de la bataille, Aphrodite oblige Hélène à rejoindre Pâris dans sa couche… De mauvaise grâce, celle-ci obtempère.
Au troisième chant tout pouvait s’arrêter là. Mais non. Tout est encore une fois à recommencer.
Deux hommes auraient pu se battre pour une belle et ne plus implique la terre entière. Mais non.
Est-ce vraiment Hélène l’enjeu de cette guerre ?
La fable dit que oui.
Mais Priam, le roi de Troie reconnaît que non :
« Tu n’es cause de rien ; les dieux seuls sont cause de tout. »
Ils ont bien l’air d’être de sacrés fout-la-merde, les dieux. Mais pourquoi ? Au moins parce qu’ils sont les arrières-grands-parents de tous ces rois, les dieux. Zeus en premier. Mais il doit bien y avoir une autre raison, plus fine… Double cliffhanger.

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