L’Odyssée. Chant 24 et dernier.
Au chant 11, Ulysse descendait aux enfers pour apprendre la route du retour. Tirésias (le chant 23 le rappelle) lui en donna quelques clés.
Ce chant 24 commence par un retour aux enfers.
Déjà quelques apparitions extravagantes, au chant 23, nous avaient prévenus du retour de l’ésotérique. Ce début de chant 24 nous ramène donc chez les morts. Achille (le héros de la guerre de Troie) et Agamemnon (le roi suprême des grecs en guerre contre Troie) se racontent leurs enterrements. C’est alors qu’arrivent la centaine de morts, expédiés « ad patrès » par Ulysse. Les prétendants sont là. Ils accablent Pénélope. Et Achille et Agamemnon, écoutant leurs doléances, les renvoient à leur médiocrité. Tous les deux vénèrent Pénélope, et comprennent Ulysse. Et s’il est une femme qui subira la haine des générations qui suivent, ce sera la femme d’Agamemnon, non celle d’Ulysse, concluent-ils.
Les chants de l’Odyssée se découpent toujours en deux. Parallèlement, donc, autour du palais d’Ulysse, tous se réveillent et découvrent le massacre. On emporte les morts, et l’on décide d’une vengeance. certains hésitent, mais les parents les plus proches des morts sont inarrêtables.
Ulysse a retrouvé son père, Laërte. Celui-ci ne le reconnaît pas. pas plus que Pénélope ne l’avait reconnu. Ulysse se dévoile grâce à sa cicatrice, mais surtout, grâce à les descriptions des oliviers, des figuiers, des pommiers, des poiriers et des ceps de vigne que son père lui avait donné, dans son enfance. Reconnu par la racine, encore une fois. Alors les deux hommes vont rejoindre leurs fidèles (le porcher, le bouvier, les gens du père…) pour un repas festif.
Sur ces entre-faits, les vengeurs sont là. Ils assiègent la maison de Laërte. Ulysse en sort et s’arme, comme ses compagnons. Ils sont 10… contre combien ?
Télémaque jure d’en découdre.
Le père d’Ulysse lance sa pique contre le chef de la bande.
« Il atteint le casque aux joues de bronze ;
sans repousser le coup, le bronze cède et craque.
L’homme, à grand bruit, s’effondre, et ses armes résonnent. »
Ulysse est prêt alors à fondre sur le reste de la troupe.
Il ne reste qu’une vingtaine de vers au long poème de 24 chants.
Et Athéna intervient. A quoi bon de nouveaux massacres ?
Quittez la lutte !
Tous se rendent au verdict de la déesse.
Les armes tombent. Il n’y aura pas plus d’un mort cette fois.
Ulysse et la troupe des vengeurs concluent une paix, qui rétablira ses droits à Ulysse et jettera l’oubli sur les exactions des prétendants…
Il me semble bien que ce chant contredit Tirésias. La loi commune punit habituellement le meurtrier de bannissement – ce que Tirésias a rappelé à Ulysse. Mais ce chant-ci semble bien dire que les enfers eux-mêmes soutiennent Ulysse, et que ceux qui voulaient se venger n’ont, cette fois, aucune légitimité. La tradition ne peut suffire à dire la loi. L’au-delà a sa voix lui aussi.
Restent les racines. D’olivier, de grains, de figuier, de vignes…
Et, pour conclure ce récit, je rappellerai seulement que le mot « Odyssée » est, pour nous, le voyage que je viens de raconter. Mais en fait c’est seulement le nom grec d’Ulysse. Ulysse est le nom qui nous est parvenu par les latins. Les grecs, eux, appelaient Ulysse « Odysseus ». J’ai donc ici raconté L’Ulyssée.

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