Je me disais tout à l’heure
qu’il en va des politiciens comme des truands :
ils vont en bandes.
Ils avancent masqués.

La différence peut-être
c’est que le politicien interdit le port de la cagoule au truand,
et à tous les autres, par voie de conséquence
– il s’agit d’être méfiant -,
mais qu’il s’exclut soigneusement du champ.

Et pour cause,
tandis que le truand masque son visage,
le politicien déguise sa pensée.

Mais au détour d’une phrase les masques tombent !
Mon Empireur,

Deux expressions, cette semaine.
Besson, puis Morano, puis tous derrière toi, ont employé l’expression « mariage gris ».
La France bruisse de l’expression depuis quelques jours.
On peut lire partout d’intéressantes contributions, fouillées et ironiques, dubitatives ou amusées…

Ce qui m’a amusé, moi, mon Empireur,
C’est ce que révèle l’expression.
C’est la vision du monde qui se cache derrière.

C’est une expression qui ne marche pas toute seule.
Elle dérive d’une autre : « mariage blanc ».
Celle-ci, tout le monde sait ce qu’elle veut dire, ce qu’elle recouvre comme réalité.

« Mariage gris », tout le monde s’étonne du flou que cela recouvre.
Personne ne nie qu’un problème existe,
Mais personne ne voit comment distinguer
– comment stigmatiser –
le manque de sincérité de tels mariages,
Quand on sait que l’on vient, en France, d’une très longue tradition de mariages arrangés,
Chez les puissants, les rois, les possédants, comme chez les paysans,
Que le mariage, même, c’est ça, l’addition d’intérêts bien compris.

Moi, mon Empireur,
C’est pas ça qui m’intéresse.
C’est seulement la couleur. Les mots. Ils ont un sens.

Le gris, c’est l’union (pour un mariage, c’est bien le mot) du noir et du blanc.
Deux choses sont donc claires dans votre choix de vocabulaire.
Primo, ce qui pose problème, en fait, pour vous, c’est le mariage du noir et du blanc.
Merci de tomber le masque.
On savait, mais c’est bien d’avouer.
C’est un signe clair une fois de plus envers les racistes de tous poils.
Avant une élection, quelle qu’elle soit, c’est toujours utile, tu me diras.
Aucun rapport avec le fond d’une élection régionale,
On est d’accord,
Mais tu le sais, toi, que le fond d’une élection,
On doit soigneusement l’éviter.
Alors, pour ce qui est de « régionales »
Où tout le monde s’accorde à dire que l’électeur ignore totalement à quoi servent les régions…
Parlons « mariage gris » !

Ce qui est drôle dans votre expression pourrie,
C’est que le blanc est la couleur du mariage vide, de l’escroquerie.
Par voie de conséquence, le vrai mariage est noir.
(C’est le secundo)
Ah ! quand l’inconscient parle !

Le mariage est noir !
Et, pour prendre référence dans ton immense culture,
Pour que tu puisses suivre :
« Noir c’est noir,
il n’y a plus d’espoir ! »

Ça aussi, Chouchou,
ça éclaire d’un jour nouveau la vision du monde du sieur Besson et de toute ta clique.
Si votre vision de l’Union est si, comment dire, « noire »
– en même temps,
il est vrai que le dernier livre de l’ex de Besson
avait commencé à dévoiler le truc –
Pourquoi nous bassiner en permanence avec le concept de « famille »
Comme socle inamovible d’organisation sociale ?

Sinon,
Comment ça se passe avec Carla ? Bien ?

La deuxième expression,
Elle sort de la bouche de Coppé.
« Ils n’ont pas les codes d’accès ».

Remarque, ce qui est déjà amusant,
C’est qu’il s’agit de la même population.
Evidemment.
Quand on mélange le noir avec le blanc
Sans se rendre compte qu’on va obtenir du gris,
Il y a quelque chose qui manque.
Ça s’appelle « les codes d’accès ».

Magnifique vision du monde,
Qui révèle votre inconscient, une nouvelle fois :
Le monde est plein de digicodes.
Même pour accéder à l’entrée cochère d’un immeuble de Neuilly
Il faut un code d’accès.
Et pourtant, il n’y a là que les poubelles.
Derrière ces poubelles,
Il y a un deuxième code d’accès qui protège l’immeuble.
Le gars qui vient vider les poubelles,
On lui donnera le premier code.
Pas le second.
Et le premier code,
On le changera toutes les semaines.
C’est qu’il s’agit tout de même d’éviter
Que le gars gris qui vide nos poubelles
Ne s’avise d’inviter un des siens à dormir subrepticement dans le local à poubelles.

Tiens !
Une idée ça !
Faire une Loi
Afin de rendre obligatoire un digicode sur les locaux poubelles.
Ça relancera la croissance.
Par temps de crise, il n’y a pas de petite initiative politique…

Non. Il n’y a que de la bassesse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.